La Tour ?
Trente ans sur les routes de Suisse et d’Europe
Depuis trente ans, la Tour Vagabonde parcourt la Suisse et l’Europe. Théâtre itinérant entièrement en bois, trois étages, onze mètres de haut, conçu à Fribourg en 1996 sur le modèle du Globe shakespearien. Il faut dix personnes et quatre jours pour la dresser, une cinquantaine de tonnes de matériel et quatre semi-remorques pour la déplacer. Une fois debout, elle accueille jusqu’à 300 spectateurs, ou cent vingt en configuration cabaret, quand les tables remplacent les gradins. Pensée à l’origine pour le théâtre, elle s’est ouverte au fil de ses vies à la musique, au cirque, aux arts visuels, à la littérature et à la fête.
Ce qui la rend unique tient à sa forme ronde. Le public entoure la scène au lieu de lui faire face, et la pièce se joue au milieu de lui. La scène n’est pas un plan, c’est un volume : pas de mur, pas de fosse, pas de distance, rien entre ceux qui jouent et ceux qui regardent. Les galeries superposées ramènent les derniers rangs à quelques mètres des acteurs, et le bois renvoie les voix sans micro. On n’assiste pas vraiment à un spectacle dans la Tour, on est dedans, et les autres spectateurs font partie du décor autant que la scène.
Démontable, elle change de paysage sans jamais changer d’intérieur. Elle a joué Shakespeare à Fribourg et à Paris, accueilli des festivals à Nancy, Metz, Anvers et Genève, servi de théâtre de remplacement, de salle de concert baroque, de chapiteau de Nouvel An. Elle est un théâtre au bord du lac, un cirque entre les arbres, un bar derrière les remparts. Où que vous la croisiez, poussez la poignée et entrez : vous y trouverez forcément quelque chose qui vous parle.